Le Suquet Laguiole - FRANCE

Un nom, trois générations

La cuisine est une histoire de famille chez les Bras, qui se conte sur trois générations déjà. Trois chapitres écrits par Mémé Bras, Michel et maintenant Sébastien.

 

Mémé Bras a fait l’acquisition la première d’un modeste restaurant ouvrier à Laguiole en 1956. Une mère qui « faisait bon », offrant « une cuisine ménagère goûteuse » de l’aveu de son fils, Michel. Une initiation précoce pour cet autodidacte, très tôt aux fourneaux pour aider sa mère. Une nécessité au départ, plus tard devenue le fil conducteur d’une vie pour Michel Bras, guidé autant par son sens de la contemplation que par son désir sans fin d’expérimentation.

Avec sa femme Ginette, il reprend le restaurant maternel à Laguiole en 1968, traçant ainsi sa propre voie vers une cuisine, épurée, audacieuse, sincère, tournée vers la nature et l’Aubrac, avec cette envie d’en faire découvrir une expression contemporaine. Il crée en 1992 le restaurant Le Suquet au sommet d’une colline dominant Laguiole.

Pour Sébastien, l’aîné, la cuisine a toujours été une évidence. Cet enfant, bercé par les bruits des casseroles et les effluves des bouillons qui se faufilaient jusqu’à sa chambre, située au-dessus des cuisines, a fait ses gammes au piano familial dès le plus jeune âge. Pas le temps pour Sébastien de prendre le sien. Sur le point de partir à San Francisco, diplôme de cuisinier en poche acquis à l’Institut Paul Bocuse, il ne peut résister à l’appel du pays qui a besoin de ses forces les plus vives pour l’ouverture du Suquet. Père et fils tissent alors cette relation de confiance et parfois de défiance, mais sont conscients qu’ils partagent une même vision et sensibilité, celle d’une cuisine hors-sol, mais plein champ, façonnée par un territoire et pétrie de générosité. Depuis ce jour fondateur où sa tartine de fraise & rhubarbe figura sur la carte, Sébastien a réussi petit à petit à imposer ses émotions et écrire sa partition, sans désir de renier le passé, mais avec au contraire, un immense respect pour cet héritage familial. De quoi laisser Michel s’éloigner progressivement des fourneaux du Suquet depuis 2009, et passer un peu plus de temps avec ses petits-enfants, déjà bien curieux de ce qui se passe en cuisine...