Objectif faune
À 25 ans, Gaël Sarrazin photographie la faune sauvage d’Aubrac avec la science d’un géographe et la patience contemplative d’un amoureux de la nature. Vautours, cerfs, hermines, renards : ses images racontent un territoire que l’on aperçoit parfois depuis les baies vitrées du Suquet, le même que Sébastien Bras met en scène dans l’assiette.
L’Aubrac comme terrain d’observation
Il n’a pas suivi d’école de photographie. C’est la géographie qui a formé son œil : la lecture des paysages, la manière dont un milieu naturel façonne la vie qui s’y installe. Une paroi verticale et l’on devine déjà les vautours et les bouquetins qui viendront s’y percher. Une lisière entre forêt et prairie et l’on sait qu’à la tombée de la nuit, quelque chose va se passer, les animaux sortiront se nourrir avant de repartir vers l’ombre.
C’est avec ce regard que Gaël Sarrazin photographie depuis plusieurs années la nature et plus particulièrement la faune de l’Aubrac : cerfs, biches et chevreuils, chamois apparus récemment, chouettes, renards, blaireaux, passereaux et rapaces de toutes tailles. Et cette hermine, si rare à observer, qui blanchit avec l’hiver. Seule la loutre qui s’implante de plus en plus dans les cours d’eau, et c’est bon signe, continue de lui échapper. Un rêve encore intact.
L’art de savoir attendre
Sa méthode tient en un mot : la patience. Des heures d’affût, immobile sous un filet de camouflage ou entre deux buissons, à chercher les traces avant même d’espérer l’animal.
« La plus grande satisfaction, dit-il, c’est d’observer sans être vu. » Voir l’espèce est une chose ; obtenir l’image que l’on avait en tête en est une autre, « il faut la bonne lumière, la bonne heure, et que l’animal veuille bien passer au bon endroit ».
Son souvenir le plus marquant s’est joué à un kilomètre du Suquet à peine, de l’autre côté du Puech : un renard blessé, en pleine chasse dans la neige, qui a foncé droit sur lui sans l’avoir vu.
Quand le paysage entre au Suquet
Car c’est bien tout autour du Suquet, à l’exception du chamois, que vit cette faune. Il arrive que des lièvres intrépides longent la baie vitrée qui sépare les convives du paysage, et qu’à l’automne, cerfs et biches viennent parader en contrebas du salon sous l’œil ému des hôtes. Une proximité avec la nature que l’on retrouve jusque dans l’assiette : Gaël capture aussi les créations de Sébastien Bras, dont les plats, très végétaux, dessinent eux-mêmes souvent de véritables paysages. Même nature, même regard.
Une série de photos de Gaël est exposée au Suquet jusqu’à la fin de la saison.
Pour admirer ses photos de nature sur Instagram : @gael_sarrazin


