Le Suquet veille aux grains de l’Aveyron
Quatre AOP, Marcillac, Estaing, Entraygues-Le Fel, Côtes de Millau, un terroir longtemps sous-estimé : au Suquet, le vin aveyronnais n’est pas un figurant, c’est une conviction portée par Sébastien Bras et Théo Larroque, chef sommelier. Ce dernier, qui veille aux grains avec son adjoint Pierre, et reste à l’affût de nouvelles cuvées et domaines émergents, s’assure que les appellations locales et leurs vigneron.nes occupent une place méritée sur la carte des envies.
Les vins de l’Aveyron à l’honneur
Théo Larroque et Pierre son adjoint parcourent domaines et dégustations pour composer leur sélection et prennent grand plaisir à servir ces vins « de voisins. »
Depuis la visite au salon des vins aveyronnais à Espalion, Théo a fait grandir la cave du Suquet. « Les appellations gagnent en qualité, de nouveaux vignerons et vigneronnes émergent, et un vin aveyronnais reste toujours proposé au verre. Nous jouissons d’un magnifique terroir en Aveyron, à nous de le mettre en avant », résume-t-il.
Côté blancs, les découvertes récentes séduisent. Il cite volontiers le Domaine de Moncles, qui ne vinifie que des chenins d’une grande précision près de Conques,et le Domaine Mousset, dont la cuvée Le Peyrouty, chenin droit, tendu, à la longueur remarquable, s’accorde magnifiquement avec le Gargouillou, tout en végétal.
« Le blanc de macération du Domaine Beauregard, à Estaing (chenin et mauzac), est assez éclatant, se réjouit Théo, et se révèle volontiers quand il côtoie le plateau de fromages de la Maison, avec un vieux laguiole 24 mois d’affinage, par exemple ».
Cinq nouveaux domaines sont ainsi entrés en cave, aux côtés de valeurs sûres comme le Domaine du Cros (famille Teulier) ou les cuvées de Jean-Luc Matha. Côté rouges, le cépage est quasi unique : le mansois ou fer servadou, variété autochtone que l’on retrouve aussi à Gaillac sous le nom de braucol, et qui donne des vins structurés et frais, sur des notes de cassis et de bourgeons de cassis.
Ils vieillissent avec grâce : notes animales, confiturées, qui rappellent presque le Cabernet. « Nous ressortons en ce moment des 2008 qui se tiennent très bien », détaille le sommelier.
Côté accords, le mansois épousera parfaitement un agneau du Lévézou ou le mouvant, une pièce de bœuf Aubrac peu connue que Sébastien aime cuisiner pour ses convives.
Un vignoble à redécouvrir
Pourtant, ces vigneron.nes pâtissent parfois d’une réputation datée, alors que leurs vins se sont considérablement améliorés et trouvent aujourd’hui leur place sur de belles cartes du Sud-Ouest.
En effet, face à ces bouteilles, deux réactions bien distinctes, note avec malice Théo : « les Aveyronnais, méfiants devant un Marcillac, se laissent agréablement surprendre ; les autres clients en quête de vins du cru, qui s’attendaient à du Languedoc, découvrent l’Aveyron et se régalent ».

